Paroisse Catholique Francophone de Munich & Bavière


St-Anna avec statue de St. François

Soyez les bienvenus !

Que vous soyez nouvel arrivant en Allemagne pour un plus ou moins long séjour ou depuis de nombreuses années en Bavière, soyez les bienvenus sur le site de la paroisse francophone de Munich et Bavière.

Francophone et non pas française, car notre communauté se trouve sans cesse renouvelée d´expériences multiculturelles par ses représentants d’Europe, d’Afrique et de tous les continents. Notre jeune communauté est ainsi riche de sa diversité !

Ce qui nous unit, c'est notre foi en Jésus Christ. Nous savons que dans l´Église, "il n'y a pas d´étrangers" aussi sentez vous au sein de notre paroisse comme dans votre propre "Heimat".

Père Marc Grosstephan, Curé


ACTUALITÉS


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Messes francophones

Les messes en français se déroulent:

Les mercredis (hors vacances scolaires)
  • à 9h, Pfarrkirche St-Anna
Les dimanches
Merci de lire attentivement les recommendation sanitaires à respecter.
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Image_consignes sanitaires ete 2020

vitraux Noel

Formation catéchiste: "L'Avent, l'attente du Messie"


Jeudi 26 novembre 2020, à 20h dans la salle Saint Francois,
St.-Anna-Straße 19
80538 München
"L'Avent, l'attente du Messie"
Retransmission en différé sur : Notre chaine Youtube

Reconcilliation

Soirée pénitentielle

Le mercredi 9 décembre de 20h à 22h dans la Pfarrkirche Sankt Anna.

FORMATIONS


Conference HALP2

Formation Ecologie #2: Un energie miracle pour nous sauver ?

Résumé de la conférence via ce lien: "Un energie miracle pour nous sauver ?"

peche originel

Formation catéchiste


La Formation: "Le scandale du Mal, comment comprendre la doctrine du péché originel"
est disponible sur notre chaine: Youtube

Textes à lire avant la formation...

Livre de la Genèse [3, 1-12]
Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que le Seigneur Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Alors, Dieu vous a vraiment dit : “Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin” ? » La femme répondit au serpent : « Nous mangeons les fruits des arbres du jardin. Mais, pour le fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : “Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez.” » Le serpent dit à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas !
Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » La femme s’aperçut que le fruit de l’arbre devait être savoureux, qu’il était agréable à regarder et qu’il était désirable, cet arbre, puisqu’il donnait l’intelligence. Elle prit de son fruit, et en mangea. Elle en donna aussi à son mari, et il en mangea. Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils se rendirent compte qu’ils étaient nus. Ils attachèrent les unes aux autres des feuilles de figuier, et ils s’en firent des pagnes. Ils entendirent la voix du Seigneur Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour. L’homme et sa femme allèrent se cacher aux regards du Seigneur Dieu parmi les arbres du jardin.
Le Seigneur Dieu appela l’homme et lui dit : « Où es-tu donc ? » Il répondit : « J’ai entendu ta voix dans le jardin, j’ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché. » Le Seigneur reprit : « Qui donc t’a dit que tu étais nu ? Aurais-tu mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger ? » L’homme répondit : « La femme que tu m’as donnée, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé. ».
 
Lettre de Saint Paul aux Romains [5, 12-19]
Nous savons que par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et que par le péché est venue la mort ; et ainsi, la mort est passée en tous les hommes, étant donné que tous ont péché. Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde, mais le péché ne peut être imputé à personne tant qu’il n’y a pas de loi. Pourtant, depuis Adam jusqu’à Moïse, la mort a établi son règne, même sur ceux qui n’avaient pas péché par une transgression semblable à celle d’Adam. Or, Adam préfigure celui qui devait venir.
Mais il n'en va pas du don gratuit comme de la faute. En effet, si la mort a frappé la multitude par la faute d’un seul, combien plus la grâce de Dieu s’est-elle répandue en abondance sur la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ. Le don de Dieu et les conséquences du péché d’un seul n’ont pas la même mesure non plus : d’une part, en effet, pour la faute d’un seul, le jugement a conduit à la condamnation ; d’autre part, pour une multitude de fautes, le don gratuit de Dieu conduit à la justification.
Si, en effet, à cause d’un seul homme, par la faute d’un seul, la mort a établi son règne, combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en abondance le don de la grâce qui les rend justes. Bref, de même que la faute commise par un seul a conduit tous les hommes à la condamnation, de même l’accomplissement de la justice par un seul a conduit tous les hommes à la justification qui donne la vie.
En effet, de même que par la désobéissance d’un seul être humain la multitude a été rendue pécheresse, de même par l’obéissance d’un seul la multitude sera-t-elle rendue juste.

Toussaint

Homélie de la Toussaint

Par ces temps troubles et incertains, où les épreuves et les désarrois semblent ne pas nous épargner, viendrait facilement à nos lèvres cette locution ancestrale : « je ne sais plus à quel saint me vouer? »

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Avouons-le, dussions-nous la prononcer, ce ne serait pas sans le surcroît d’ironie de ceux qui préfèrent faire fond sur les progrès de la médecine et l’efficacité des mesures d’hygiène, que s’en remettre à l’intercession des saints. L’un exclut-il l’autre ? Notre temps n’a t-il donc plus besoin de saints ?

La force de résistance et l’essor d’une société ne dépendent pas uniquement du progrès médical et hygiénique, de la puissance économique et militaire, elle repose – nous le mesurons bien tous les jours – sur l’état d’esprit des personnes qui la composent. La solidarité, forme laïque et atténuée de la charité chrétienne, nécessite des références, des modèles pour qu’une société s’en imprègne et en vive. Sans la solidarité concrète, sans la charité vécue, le lien social se relâche et se dénoue.
 
Depuis les civilisations les plus illustres jusqu’aux groupes les plus obscures, chaque communauté humaine fonde son origine et sa légitimité, assure son identité et sa cohésion, définit ses buts et ses idéaux en se référant à des personnes qui sont érigés, pour diverses raisons, en modèles de ce groupe. Les grecs vénéraient leurs héros ; les romains et les chinois vouaient un véritable culte à leurs ancêtres ; la société de consommation et de divertissement produit ses stars, ses vedettes, ses héros... Bref ces figures idéales ou faussement idéalisées doivent représenter, incarner, réaliser – à un moment donné – ce que l’on considère comme LE modèle d’humanité et de vie sociale.
 
Quant à la communauté chrétienne, tout en ayant Dieu comme référence ultime et absolue, a toujours tenu  en haute estime des femmes et des hommes qui ont suivi, avec leur génie propre, l’enseignement et l’exemple de Jésus-Christ. Pour nous chrétiens, il est le modèle par excellence, la perfection de Dieu qui s’incarne concrètement dans l’humain, l’idéal descendu parmi nous. Comme vrai Dieu et vrai homme, Jésus-Christ est la parfaite image de Dieu et le portrait idéal de l’humain. À la suite du Christ, qu’ils essayent d’imiter selon leur époque et leur charisme, les saints sont des chefs-d’œuvre d’humanité, dignes d’être vénérés et imités à leur tour. Chaque saint est une réalisation concrète de l’amour de Dieu pour les hommes en un temps et un lieu précis. Ces témoins fidèles sont autant de signes et d’aides qui nous soutiennent dans notre effort vers ce qui nous dépasse. Chacun d’entre nous a besoin de modèles, d’exemples qui lui signifient ce qu’il est appelé à devenir. Ils nous lancent un appel à réaliser le meilleur de nous-même en travaillant à la venue du Royaume de Dieu.
 
Les saints ne sont pas, pour autant, des modèles hiératiques, poussiéreux et dépassés ; ils nous demeurent efficacement présents. Sans remplacer ou inhiber le progrès du génie humain, ces frères et sœurs en humanité, ces héros et héroïnes du quotidien, nous guident, assistent et soutiennent, « nous qui marchons vers la cité du ciel, notre mère la Jérusalem d’en haut par le chemin de la foi, joyeux de savoir dans la lumière, ces enfants de de notre Église, que [Dieu] nous donne en exemple » (Préface de la Toussaint). Ou comme le chante encore la préface des saints : « En eux, Seigneur, tu as voulu que nous trouvions une vie qui nous serve d’exemple, une communion qui nous donne une famille, une prière qui nous soit un secours ».
 
Célébrez la fête de tous les saints, c’est se réjouir (Gaudeamus) de la réalité de la communion, d’un amour « efficace » qui unit les uns aux autres au-delà de la mort. Ainsi, tout en saluant les progrès de la médecine et en nous fiant aux mesures d’hygiène, cela ne saurait remplacer la solidarité, la charité que nos frères les saints ont incarné et qu’ils continuent, avec la grâce de Dieu, d’inspirer et de susciter en de nombreux hommes et femmes appelés à la sainteté, en ces héros du quotidien dont le secours nous est si précieux en ces jours d’épreuves.
 
À vous tous, qui serez en vacances la semaine prochaine, je souhaite en avance une joyeuse fête de la Toussaint, où nous nous vouons à tous les saints !
 
Père Marc Grosstephan

Conference HALP1

Formation Ecologie #1: Pourquoi parler d'urgence climatique ?

Pourquoi parler d'urgence climatique ? Se nourrir dans le respect des équilibres planétaires.
Résumé de la conférence via ce lien: Conférence urgence climatique.

ARCHIVES


2020


Dessine moi ton eglise

Dessine-moi ton église !


Nous avons réouvert les églises… Oui, mais… elles ne ressemblent plus tout à fait à ce à quoi nous étions habitués ! En attendant l´assouplissement des mesures sanitaires nécessaires, nous lançons un défi :
« Dessine-moi ton église ».
 
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Défi : « Dessine-moi ton église ».
 
Nous demandons aux enfants, aux jeunes, mais aussi adultes qui le souhaitent, de prendre leurs plus beaux crayons et de participer à cette initiative en dessinant l’église que vous connaissez ou l’église que vous imaginez.

Vous pouvez dès à présent et jusqu´au 15 juin nous transmettre vos dessins par mail ou les déposer dans la boite aux lettres de la paroisse.
 
Nous ferons ensuite une fresque numérique avec l´ensemble des œuvres réalisées et afficherons régulièrement les dessins au sein de la paroisse.

Vos dessins aideront à égailler un peu nos églises...
 

action careme

Un grand MERCI des soeurs de Mère Teresa, à Munich !

Vous avez été très nombreux à participer à notre action de Carême, et nous vous remercions de votre générosité!

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Chers amis paroissiens,

Un grand merci pour vos nombreux et généreux dons qui seront reversés à la Congrégation religieuse des Missionnaires de la Charité, ici à Munich.

Voici en quelques mots une présentation de leur Œuvre et de leur Mission.
Les Missionnaires de la Charité, ou Sœurs de Mère Teresa, œuvrent à Munich depuis maintenant plus de 15 ans. Elles sont principalement dévouées auprès des personnes les plus démunies, auprès des sans-abris, auprès des personnes âgées, des malades et des nécessiteux.
Elles sont au nombre de cinq dans cette communauté munichoise, viennent d’Allemagne, d’Autriche, d’Inde et de Chine et s’appellent : Schwester Simone, Schwester Christine, Schwester Asha Theres, Schwester Verena et Schwester Maria Ku.

Si vous leur rendez visite, vous les trouverez probablement en train de préparer ou distribuer les repas quotidiens pour les nombreuses personnes qui les sollicitent. En effet, cinq jours par semaine, des repas chauds sont préparés en cuisine et distribués sur place vers 15h.

Les sœurs de la Charité sont également terre d’asile. Cela signifie qu’elles accueillent, protègent, défendent et prient pour des jeunes femmes, avec ou sans enfant, en situation irrégulière et qui sont engagées dans des démarches de demande d’asile. Ces jeunes femmes habitent avec les sœurs dans leur résidence munichoise.

Engagées également aux côtés d’autres associations munichoises, les sœurs de Mère Teresa sont au service des personnes seules, malades, fragiles. Elles apportent leur soutien par des visites régulières, des prières ou simplement une présence réconfortante.

A travers vos dons, et notamment dans cette période difficile que nous traversons, les sœurs vont continuer à se vouer au service des plus pauvres.

Un immense merci !

relecture

Un temps de relecture...

Avant que chacun et chacune nous ne reprenions nos vies bien rythmées, nous vous proposons, au travers d´un modeste questionnaire, un temps de relecture à faire seul ou avec vos proches.

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Nous le pressentons tous, le déconfinement s´annonce enfin...
 
Prendre le temps de relire chaque étape de ce confinement, hors du commun, parait essentiel pour en tirer un enseignement éclairant à la fois le rapport à votre propre personne, aux autres, à la société et à Dieu, en ces circonstances si privilégiées pour bien des observations inattendues.
 
Là où l´évaluation tente plutôt de mesurer, de quantifier, de catégoriser « à la surface du vécu », la relecture essaye de creuser un chemin à travers les méandres des sensations, des sentiments, des actes et pensées jusqu´à ce point mystérieux où tout cherche à s´unifier et où affleure le sens profond de ce que nous avons vécu et qui nous affecte au point de mériter le nom d´expérience vécue.
 
Ne relisons donc pas ces événements et les traces qu´ils ont imprimées en nous et autour de nous à la manière d´un sociologue ou d´un psychologue, mais invoquons l´Esprit de Dieu qui sera l´interprète par excellence de ce que nous avons vécu ; car comme l´évoque si opportunément une des étymologies du mot "religion" (relegere) celle-ci consiste aussi à faire œuvre de relecture.
 
Questionnaire pour la relecture (Temps estimé 15-25 min)
 
Par avance un grand merci pour vos réponses qui serviront de piste de réflexion aux membres du conseil paroissial, afin de vous proposer des actions, des conférences et des partages pour notre rentrée que nous attendons avec hâte.
 
Que Dieu vous bénisse,
Père Grosstephan

Photo messe connectee

#Messes connectées

Afin de permettre aux personnes ne pouvant assister physiquement aux messes de Sankt Anna, nous continurons de diffuser la messe dominicale en direct sur notre chaine YouTube.

Rendez-vous les prochains dimanches à 10h30 !

"Mais comment suivre la Messe en confinement?"
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...

Suivre la messe en période de confinement ?
7 conseils pour ne pas rester un simple spectateur !


La messe est un élément fondamental de notre vie chrétienne. Mais comment bien la vivre, derrière son écran ? Retrouvez nos suggestions quant aux attitudes à adopter pour suivre dignement et fructueusement la messe :

➡️ Choisissez l´heure de la messe. Ce n´est ni une émission TV, ni une série Netflix… On ne regarde pas la messe, on y participe, en engageant son cœur.

➡️ Mettez en place un environnement propice à la prière et à la sacralité de la messe. Par exemple : s’asseoir sur une chaise au lieu de s’installer dans son canapé, allumer une bougie, mettre une icône dans son champ visuel, se lever comme à la messe…

➡️ Eteignez votre portable et prévenez vos proches, afin qu´ils participent avec vous ou ne vous dérangent pas pendant ce temps de prière.

➡️ Avant que la messe ne commence, demandez-vous : A qui est-ce que j´offre mon union à cette messe ?

➡️ Pour vous aider, suivez avec votre feuille de messe dédiée ou votre micelle et n’hésitez pas à vous associer aux chants...

➡️ Au moment de la communion, faites une communion spirituelle avec cette prière proposée par le Pape François (le 19 mars 2020) :
« A tes pieds, O mon Jésus, je me prosterne et je t’offre le repentir de mon cœur contrit qui s’abîme dans son néant et dans Ta sainte présence. Je t’adore dans le Saint-Sacrement de ton amour, désireux de te recevoir dans la pauvre demeure que t’offre mon cœur. En attente du bonheur de la communion sacramentelle, je veux te posséder en esprit. Viens à moi, O mon Jésus, pour que je vienne à Toi. Que ton amour enflamme tout mon être, pour la vie et pour la mort. Je crois en toi, j’espère en toi, je t’aime. Ainsi soit-il. »

➡️ Rendez grâce à Dieu et Sanctifiez-le.

action 1lettre1sourire

"1lettre1sourire"

De l'❤️ en quelques clics : écrivons aux personnes âgées isolées. A vos plumes pour 1 lettre 1 sourire !

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Suite à la crise du covid-19, les établissements pour personnes âgées ne rouvrent que doucement leurs portes... Pour rompre leur solitude, on peut encore écrire✍️ , donner un sourire par des mots.

Nous vous proposons d´écrire une lettre en joignant une photo de votre choix ou un dessin réalisé par vos enfants.

➡️ RDV sur https://1lettre1sourire.org/
➡️ Ecrivez votre mot
➡️ Ajoutez une photo au choix ou un dessin réalisé par vos enfants

➡️ Et le site "1lettre1sourire" se charge d´envoyer le tout à une personne isolée, parmi les 1135 établissements inscrits en France, Belgique, Luxembourg, Suisse et Canada.

Et comme il n´est pas évident d'écrire à une personne que l'on ne connait pas, voilà quelques conseils : éviter de parler de la situation actuelle, parler du jardin, des plantes..., envoyer un extrait d'un livre que l'on a aimé, partager votre Foi...

➡️ Enfin, n´hésitez pas à nous partager vos jolis dessins envoyés par mail ou dans les commentaires de l´article sur Facebook !

Ne perdons plus de temps, transformons notre confinement en source de joie afin d´apporter un rayon de soleil aux personnes isolées.
Elles comptent sur vous !

vendredi saint

Vendredi Saint

Méditation sur les sept paroles du Christ en croix.

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Il y a dans la Passion de Jésus-Christ et dans sa mort sur la croix une dimension qui nous dépasse à tout jamais. Nous sommes plongés dans une réalité dont le mystère à la fois nous enveloppe  et  surpasse tout ce qu´humainement on peut en dire et en comprendre. Ne cherchons donc pas – en ce jour du moins – à expliquer maladroitement l´inexplicable de l´amour, à étaler sans pudeur ce qui  par sa nature même reste voilé. Les récits de la Passion, dans leur retenue, leur concision ne nous poussent ni à la révolte éclatante, ni à l´abattement désespéré, ni même à la culpabilité morbide. Ils nous introduisent dans un mystère que l´Église nous donne de contempler et de célébrer cette année „domestiquement“.
 
Acceptons donc de regarder le Christ qui est dévoilé sur la croix  sans tout voir, car telle est bien sa révélation. Acceptons de lire les textes sans tout comprendre, car telle est la vérité dans son dévoilement progressif. L´intelligence reste fidèle à elle-même en reconnaissant dans l´âme l´existence d´une faculté supérieure qui conduit la pensée au-delà d´elle-même: cette faculté supérieure est celle, extralucide,  de l´amour surnaturel qui nous initie à la contemplation et à la méditation.
 
Contentons-nous maintenant de lire attentivement et de laisser retentir les paroles même du Christ en croix, celles que pourraient prononcer ou crier tant de femmes et d´hommes en ces jours d´épreuve. Ces paroles que le Christ nous livre, que l´Église nous confie et que les êtres humains se répètent de génération en génération,  deviennent l´immense clameur où chacun peut se reconnaître et où tous , sans toujours le savoir, sont unis à la Passion du Christ  dans le grand passage, celui justement qu´est  la Pâques.
 
Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu´ils font.
C´est la prière parfaite, l´écho du Notre Père…
 
En vérité je te le dis, dès aujourd´hui avec moi tu seras en Paradis
Le Sauveur rattrape le naufragé… Dans ce présent-futur toute notre Espérance renaît
 
Voici ta mère (…) Voici ton fils.
Qu´as-tu, ô Christ , que tu ne nous aies donné?...
 
Les quatre dernières paroles sont celles de la neuvième heure, paroles essentiellement bibliques.
 
Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m´as-tu abandonné?
Cri non point d´un désespoir sans recours, mais d´une douleur en attente de la libération…
 
j´ai soif.
Jésus clame à la face du monde de quelle soif d´amour son être tout entier brûle pour son peuple et nous tous…
 
Père, entre tes mains je remets mon esprit.
Le dernier soupir du Christ devient une effusion créatrice de l´Esprit Saint, le souffle qui vivifie…
 
Tout est accompli
La septième parole introduit au grand repos. Tout est conduit à son sommet d´amour. La mort a été dépassée; la vie nous a été transmise; l´espérance nous est rendue et la lumière nous est donnée en partage jusqu´à ce qu´Il revienne dans la gloire.

Jeudi saint

Jeudi Saint, méditation sur Jean, 13, 1-15

«Avant la fête de la Pâque, sachant que l´heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu´au bout. »

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Chers frères et sœurs, la mort plane!
Jésus se sait condamné et à la veille de sa Passion. L´ambiance est d´autant plus lourde que flotte aussi un climat de suspicion. Un traître se trouve parmi ceux qui ont l´honneur de partager son dernier repas. En cette heure, chargée de tant d´émotions et de gravité, quelle est l´attitude de Jésus? Ce soir-là, Jésus ouvre son testament  qui comporte une saisissante expression d´amour, de sages conseils et un legs pour le moins étonnant.
 
Un testament, en effet, s´ouvre fréquemment sur des paroles d´affection. Celui qui est sur le départ, éprouve le besoin d´exprimer des paroles d´amour qu´il n´a peut-être pas toujours ou pas assez  exprimées durant son existence. Le Christ révèle son ardent désir de vivre avec ses apôtres ce dernier repas: « J´ai ardemment désiré manger cette Pâque avec vous. » Jean renchérit en affirmant que ce soir-là, « ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, Jésus les aima jusqu´au bout. »
 
Un testament comporte souvent un certain nombre de conseils, de vœux même dont l´auteur désire la réalisation par ses proches , en témoignage de fidélité à sa personne. Le Christ laisse à ses disciples et au monde un testament spirituel, des directives de comportement, qui bouleversent les habitudes humaines: Lentement Jésus se lève, va chercher une bassine et un linge; il ceint un tablier comme un serviteur, se met à genoux  devant ses apôtres et leur lave les pieds. Avouez que cela est singulier! Dorénavant, tous ceux qui auront à exercer une responsabilité, une autorité, une quelconque forme de pouvoir ne doivent pas oublier que commander n´a d´autre but que de servir.
 
« Je vous donne un commandement nouveau: c´est de vous aimer les uns les autres. Ce qui montre à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c´est l´amour que vous aurez les uns pour les autres. » Telle est la consigne testamentaire suprême, celle qui va traverser les siècles et proposer à tous les chrétiens  et aux hommes de bonne volonté de vivre la mise en pratique de l´amour fraternel. Il  y a deux mille ans que ces paroles furent prononcées. Mais aujourd´hui, c´est avec un ton différent qu´elles viennent, à nouveau, résonner à nos oreilles. : « Aimez-vous ou vous périrez ». Cet appel de Teilhard de Chardin n´a rien perdu de son urgence  en cet état où la nature est assaillie sans vergogne par l´homme, qui lui-même est assailli par un virus sans pitié…… Si un remède s´impose, l´amour en demeure un ingrédient essentiel. Cet amour n´est pas un vague sentiment, une force impersonnelle, c´est une personne.
 
À la lecture d´un testament , la succession des biens est très attendue; elle s´accompagne souvent d´une peur jalouse que d´autres en perçoivent davantage! Or Jésus ne laisse pas de biens matériels; Juda est parti avec la caisse…. Jésus transmet davantage que tout cela. Il offre sa propre personne: son corps livré, son sang versé. L´Eucharistie est le signe efficace de l´amour qui veut rester présent. Le Christ reste au milieu des hommes, sous les espèces eucharistiques, comme un amoureux se rend disponible à ceux qu´il aime. L´Eucharistie est le cadeau que l´amoureux offre à l´être aimé pour qu´il ne souffre pas trop de son absence sensible. L´Eucharistie est la nourriture pour la route, la manne d´un peuple qui, dans le désert de la vie, marche vers la Terre Promise. Chers amis, durant la traversée éprouvante de ce désert que nous vivons ces semaines dernières, l´Eucharistie elle même nous fait défaut! Vivons cette privation comme l´occasion de redécouvrir la richesse jamais habituelle, le sens toujours nouveau de ce grand sacrement, de nous imprégner de la valeur irremplaçable de la communion avec Dieu et avec nos frères dans une communauté de foi, d´espérance et d´amour, notre bien le plus précieux ici-bas.
 
Que Dieu vous bénisse,
Père Marc Grosstephan

Croix

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné »

Homélie - Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur
Dimanche 5 avril 2020
Vidéo de la messe
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Face à la pandémie que nous traversons présentement, le philosophe Slovène, Slavoj Zizek, très en vue, s’est exprimé récemment en des termes, à mon sens, redoutables : « … résistons à la tentation de chercher derrière cette épidémie une signification plus profonde… Il y a quelque chose de rassurant à penser qu’il y a derrière tout cela un sens plus profond : cela voudrait dire que l’Univers ou Quelqu’un au dehors nous regarde… Ce qui est difficile à accepter,  c’est que l’épidémie en cours est le résultat d’une pure contingence naturelle et est dépourvue de signification plus profonde. Dans l’ ordre supérieur des choses, nous sommes une espèce qui ne compte pas ».

N’y a-t-il donc vraiment aucun regard au-dehors qui puisse et veuille croiser le nôtre ? Si Dieu existe, nous aurait-il perdus de vue ? N’y a-t-il donc vraiment aucune oreille au-dehors pour recueillir nos cris perçants ? Si Dieu existe, serait-il sourd à nos appels ? L’être dans ses profondeurs les plus insoupçonnées serait-il donc vraiment absurde : absurdus, signifiant écho de l’indifférence ?…

Albert Camus, philosophe de l’absurde, auteur de la peste, se distingue comme le penseur autorisé entre tous pour nous adresser en ces temps de fléau cette parole percutante, tirée justement de son roman, La Peste : « Il n’y a de véritablement malheureux en quittant la terre que l’incrédule ; pour l’homme sans foi, l’existence a cela d’affreux qu’elle fait sentir le néant, si l’on n’était point né, on n’éprouverait pas l’horreur de ne plus être : la vie de l’athée est un effrayant éclair qui ne sert qu’à découvrir un abyme. »
Est-ce devant cet abyme que Jésus poussa son cri suffoquant : Mon Dieu ? Sa mort, comme toutes les morts d’ailleurs, n’est-elle que la simple disparition d’un membre, d’une espèce qui ne compte pas ? La mort de Jésus compte-t-elle, pour quoi et pour qui ?

Si Jésus est mort une seule fois et une fois pour toutes, son œuvre de salut – par laquelle nous sommes arrachés au pouvoir du mal et de la mort – n’a pas encore fini de s’accomplir. En Lui, certes, tout est accompli, mais tout en nous et autour de nous est livré aux convulsions parfois douloureuses d’un mystérieux enfantement. Comment cela ?

Frères et sœurs, quand le mal est entré dans le monde, par le péché de l’homme, aux premiers temps de la création, c’est tout à la fois l’homme et le monde qui en ont été atteints. Le mal dû au péché provoque la discorde entre les hommes, l’amertume au fond des cœurs, l’hostilité de la nature et jusqu’à la lutte pour la vie. Ainsi l’homme et l’univers restent-ils doublement liés en une solidarité dans le mal : rupture et servitude, affrontement et corruption. Il faut peiner, se défendre ; il faut vieillir et enfin mourir : « Nous le savons – dit Saint Paul aux Romains – en effet, la création toute entière, jusqu’à ce jour gémit en travail d’enfantement ».

Mais le Christ est venu !
Dieu s’est fait homme et Dieu s’est incarné dans le monde pour redonner à l’homme un cœur nouveau et rendre à notre terre une vie nouvelle. Pour nous donner la vie divine, il a pris sur Lui notre mort humaine. Pour nous ouvrir le ciel, il est descendu plus bas que terre. A la double solidarité de l’homme et du monde dans le mal, répond la double libération du Christ et sur la terre et dans les cœurs. La Passion du Christ est un immense et prodigieux enfantement ! Bien et mal s’affrontent encore. Il y a toujours cette lutte entre le vieil homme marqué par le péché et l’homme nouveau, sauvé en Jésus-Christ, et le combat est quotidien en chacun de nous.

Au cœur de ce monde blessé demeurent les ruptures, les discordes, les lassitudes, les erreurs, les imperfections. Rien n’est encore parfaitement transfiguré. Cela n’est que trop évident. Peu à peu, dans les douleurs, mais aussi dans la joie de l’enfantement un être nouveau se façonne, une terre nouvelle se construit ; peu à peu un univers se réconcilie : « Car – selon Saint Paul aux Colossiens – Dieu s’est plu à se réconcilier tous les êtres par Jésus-Christ, en faisant la paix par le sang de sa croix ».

Chacun de nous, où qu’il soit, quoiqu’il fasse, qui qu’il soit chaque jour, porte sa croix. Mais il sait désormais, que Dieu, à ses côtés, la porte le premier. Et s’Il ne nous a, pas délivrés de la souffrance, Il l’a remplie de sa présence, comme l’occasion d’exprimer l’amour le plus pur, le plus absolu ! En mourant sur la croix, le Christ ne nous a pas dispensés de la porter, il a donné un sens au désarroi de notre vie. Apparemment rien n’a changé, en fait tout est transformé de l’intérieur. Il n’est pas monté en croix pour mourir, mais pour ressusciter. La mort n’est plus une porte de sortie de cette existence passagère mais une porte d’entrée pour les demeures éternelles.

Le cri de Jésus a été entendu. Ce cri n’est autre que celui du Psaume 21 dont voici la suite : « Il n’a ni mépris, ni dégout pour le cri des victimes. Il ne détourne pas le regard. Ce cri pour lui, il l’écoute ». Cette foi en Dieu nous ouvre et nous soutient à avoir foi en l’homme. Si cette pandémie révèle à certains moments des traits vils et abjects de l’humaine nature : égoïsme, indifférence, violence, cupidité, elle met à jour aussi la grandeur de l’homme si sublime, capable de la solidarité la plus désintéressé, du sacrifice le plus sublime… Ce qui fait dire au même Albert Camus dans la Peste : « On apprend au milieu des fléaux qu’il y a dans l’homme plus de choses à admirer que de choses à mépriser ».
 
Père Marc Grosstephan

resurection Lazarus

« Je suis la résurrection et la vie »

Méditation sur l’Évangile du 5ème dimanche de Carême
(Jn 11, 1-45)

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Chers frères et sœurs,
 
"En ce temps-là, beaucoup de juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leurs frères". Notre temps présent  rend chaque être humain digne de ce nom  sensible à la dimension du réconfort reçu et apporté,  d´autant que la pandémie rend cette proximité réconfortante périlleuse, voire impossible. Comment consoler alors? Demeure le constat qu'il est de ces réconforts faciles – bavardages creux  qui n´engagent à rien – car ils masquent l´essentiel. Pour réconforter un être humain, pour apaiser sa souffrance, il faut nourrir à son égard une réelle sympathie, au sens étymologique du terme (sympathein signifie en grec: souffrir avec; en latin compatior d´où la compassion). La sympathie au sens fort signifie la volonté et la capacité de souffrir avec quelqu'un, même à distance.

Voilà une exigence à laquelle nous nous dérobons volontiers, tant elle nous coûte. Porter uns souffrance avec quelqu'un suppose un accompagnement où, sans nous laisser submerger par la souffrance de l´autre, nous sommes tout simplement présents à lui dans une attention délicate et un silence paisible; non pas un silence qui serait le symptôme d´un vide ou d´une gêne, mais celui qu'inspire le respect sacré de ce qui nous dépasse.

Ce silence primordial, empreint de retenue et de respect, il convient un moment de le rompre pour oser une parole réconfortante. Pas n´importe laquelle, toutefois! Une parole prononcée à la lumière nuancée de l´intelligence, dans l´élan raisonnable de l´amour et par la profondeur de vue que nous inspire la sagesse révélée de Dieu. Une parole de réconfort est tout d´abord une parole de vérité; elle ne fait pas semblant; elle met à nu le caractère souvent tragique de l´existence. Tout peut basculer d´une seconde à l´autre; l´équilibre de nos vies et celle de l´organisation de nos sociétés sont toujours provisoires et instables, ne l´oublions pas! Ne nous voilons pas la face, l´existence est, à certains moments, dure, injuste et parfois atroce. Un bref regard jeté, en ces heures sombres, dans un hôpital de Strasbourg, de Bergame, de Madrid ou de  New-York suffit pour en livrer la preuve cuisante à  qui en douterait encore. Par-dessus tout. Certains événements, par les violentes et brusques ruptures qu'ils opèrent, D´où demeurent incompréhensibles et insensés. D´où surgit la question légitime: Pourquoi tout cela? Où est Dieu?

Terribles questions qui soulèvent dans nos cœurs un cri, parfois même un mouvement de révolte à l´encontre de Celui que nous appelons Père, le Dieu tout-puissant et plein d´amour: "Seigneur, si tu avais été là mon frère ne serait pas mort."  Combien d´hommes et de femmes pourraient aujourd'hui se faire l´écho poignant de ce cri lugubre qui traverse les âges: "Seigneur, si tu avais été là , mon mari, ma femme, mon fils, ma fille, mon ami... ne seraient pas mort"… « De profundis clamavi. ». "Des profondeurs je crie vers Toi, Seigneur, écoute mon appel " (Psaume 129). Ce cri du cœur est normal. Réconforter quelqu'un, c´est aussi lui faciliter l´expression de sa douleur, de son angoisse, même empreintes de colère et de révolte. Mais nous ne saurions en rester là!

Approfondissons: Dieu, croyons-nous, a créé l´être humain à son image, conscient, intelligent, libre, capable de répondre à son amour créateur. Si la liberté est d´abord le privilège de dire OUI, d´adhérer en pleine conscience à l´amour, elle peut aussi s´enfermer par orgueil dans le NON, dans le refus de l´amour pour se livrer aux forces  de la rupture que sont le mal, dont la forme suprême est la mort. Ce mal s´est propagé à la manière d´un virus et a enfermé l´humanité et la Création toute entière dans une mystérieuse solidarité négative que nous appelons le péché originel. Si le monde entier est livré et soumis à cette loi qui conduit à la mort,  pouvons-nous nous résigner à son apparent triomphe?

Dieu n´a voulu ni le mal ni la mort, ils sont le fruit amer d´une mystérieuse rupture d´Alliance entre l´humanité et Dieu, d´une liberté désorientée. Mais Dieu ne nous a pas laissé dans cette solidarité pitoyable et désespérante. Il est venu jusqu'à nous en la personne  de sa Parole, de sa Sagesse éternelle faite chair, Jésus-Christ, qui, en devenant l´un des nôtres, dépasse, par sa mort et sa résurrection, la solidarité avec nous dans le mal subi et la mort acceptée et ouvre à la solidarité dans l´amour et la vie qui n´ont pas de fin.

En Jésus-Christ, Dieu nous a témoigné sa plus fidèle amitié et sa plus profonde "Sympathie". Dieu en Jésus-Christ nous a rejoints dans la souffrance et la mort. Il les a partagées avec nous, non pour les expliquer, encore moins les justifier, mais pour les habiter de sa présence qui soulage et réconforte. Bien plus, cette souffrance et mort librement consenties réalisent un don d´amour qui anéantit déjà le pouvoir du mal et de la mort. Ainsi à travers Jésus-Christ, le Père a prononcé l´unique et absolue parole de réconfort: "Moi, je suis le Résurrection et la Vie. Celui qui croit en moi, même s´il meurt vivra et tout homme qui vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela?"

Y croire ne nous dispense pas de goûter au tragique de la vie, comme tous nos frères humains; la foi ne nous dispense pas de l´expérience de la croix, de la souffrance, du désarroi, et de la mort, mais elle lui donne un sens; elle ouvre un chemin d´espérance et enfin un dépassement de la douleur et de la peur elle-même.

Voici donc la merveille de la foi chrétienne, elle ne nous dispense pas d´être infecté. De goûter au tragique de la vie, à sa brutalité même, mais elle nous garde absolument de tout pessimisme: La foi chrétienne est réaliste et idéaliste à la fois. Elle part de la réalité la plus dense, mais nous invite à la dépasser pour voir plus loin et agir en vue d´un monde nouveau que la résurrection du Christ annonce et réalise déjà. La souffrance et la mort subsistent, certes, dans leurs formes extérieures, mais le Christ les ayant partagées, éclairées de l´intérieur par sa présence, leur réalité et sens en sont déjà transformés.

Chers amis, en ces heures tragiques, où des femmes et des hommes meurent "seuls", - si notre présence à leur chevet est impossible - manifestons notre  communion avec eux, notre sympathie et  compassion, par la prière. Unissons-nous au Christ qui s´est avancé, de par sa nature humaine assumée,  dans la solitude et même un moment dans  la peur jusqu'à l´extrême fond de l´humaine condition pour y rejoindre tout être humain au cœur de ses souffrances et angoisses. En Jésus Christ, personne ne souffre et ne meurt dans une solitude absolue Telle est notre foi, telle est notre espérance; qu'ils inspirent nos pensées, paroles et actes.

Votre Curé, Père Marc Grosstephan

aveugle

"Un temps pour ouvrir les yeux…"

Méditation sur l’Évangile du 4ème dimanche de Carême
(Jean 9, 1-41)

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Du confinement imposé au corps ne suit pas la gêne de l´esprit ni l´étroitesse du cœur. Bien au contraire, une généreuse ouverture se suggère à tout notre être, en commençant par les yeux. Les yeux de notre corps sont merveilleusement constitués pour capter la lumière. Sur la pellicule sensible du fond de l´œil s´impriment des images que le cerveau interprète. Mais les yeux ne perçoivent qu'une seule espèce de rayonnements; il existe bien d´autres ondes captées par nos oreilles, les antennes, les radars, ou…. par le flair des chiens! L´univers est donc plus riche de réalité que ce que nous en percevons à première vue. Constat qui inspirera à Shakespeare la fameuse sentence placée dans la bouche de Hamlet: "Il y a plus de choses sur la terre et le ciel que votre philosophie n´en rêve“.
Puisque nos yeux ne saisissent qu'une fort modeste portion de la réalité, élargissons notre perception. Ainsi l´amitié n´est perçue que par les "yeux du cœur" (Saint-Exupéry). La présence bienveillante de Dieu ne se manifeste qu'aux "yeux de la foi", sorte d´illumination intérieure, de regard plus qu'humain qui nous gratifie, à notre humble mesure, de la largesse de vue de Dieu. Par la foi, les événements, en particulier ceux que nous vivons présentement, les personnes, l´Évangile, les sacrements sont vus sous une lumière différente selon que l´on croit ou que l´on clôt les yeux à cette dimension de la réalité.
Le mendiant des souks de Jérusalem était né aveugle. Sa première naissance semble marquée d´une malformation irrémédiable. Jésus, pourtant, a, pour ainsi dire, remis en chantier le geste du Créateur, qui pétrit de la boue pour faire un nouvel homme. C´est à une nouvelle naissance que nous assistons. L´aveugle-né, par le geste de Jésus, re-naît à une vie nouvelle; maintenant sa vie est illuminée. Il avance dans la foi et voit de plus en plus clair. Les pharisiens, eux, s´enfoncent dans le refus de croire et se cachent les yeux pour ne pas voir.
Sur quelle réalité essentielle les yeux de l´aveugle se sont-ils donc ouverts? C´est dans le cadre d´un véritable procès en quatre séances de jugement que notre mendiant commence peu à peu à voir clair! Il reconnait Jésus dans les sens du terme "reconnaissance". La découverte de l´identité de Jésus se fait par étapes: au début, il ne connait pas Jésus…. et l´appelle par ouï-dire: "l´homme qu'on appelle Jésus"! Puis sous les questions pressantes des pharisiens, il affirme: "c´est un prophète". Ensuite, il proclame que "c´est quelqu'un qui vient de Dieu", un envoyé. Enfin, dans une rencontre conclusive de Jésus, il est est conduit à une profession de foi explicite: "Crois-tu au Fils de l´homme? – Je crois!". Le geste se Joint à la parole: "Et il se prosterna devant lui".
Il est frappant de constater que Jésus n´est présent, dans cette scène d´évangile, qu'au début et à la fin. Au cours du procès qui l´incrimine, il demeure absent. Et c´est l´aveugle guéri qui est appelé à témoigner au sens fort de ce terme. En devenant progressivement disciple de Jésus, il en devient le témoin dans un monde incroyant qui le presse de questions. Nous remarquons par ailleurs que ce n´est pas le questionné lui-même qui se définit comme disciple, ce sont les autres qui le désignent comme tel: "Tu es le disciple de cet homme". Ainsi, semble-t-il, il ne suffit pas de se dire chrétien. On pourrait s´illusionner soi-même. Les non-croyants nous perçoivent-ils comme chrétiens ? À quoi le voient-ils?
Chers amis, ce carême si singulier, où privés des sacrements et de la vie communautaire, nous incite à ouvrir plus que jamais les yeux sur une réalité qui d´ordinaire se dérobe par manque de temps et d´attention. par accoutumance et négligence. Prenons , alors que nous en sommes privés, la pleine mesure de la richesse des sacrements et de la vie communautaire; hâtons-nous, par des paroles et des gestes, à faire se lever une lumière qui annonce Pâques, là où le confinement répand les ténèbres de la peur, de la solitude, de l´amertume, de l´impatience, de la rancœur et du désespoir qui aveugle.
Votre curé, père Marc Grosstephan

union de priere

Une quarantaine, un carême en commun !

Newsletter du père Grosstephan
19 mars 2020

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Chers paroissiens,
Chers amis de la paroisse,
 
Les épreuves que nous traversons présentement ne me semblent pas insensées, non plus que stériles pour qui veut bien les saisir dans une perspective, où la peur panique et les considérations à courte vue n´éclipsent pas toute réflexion d´envergure et toute action d´une féconde inspiration.
 
Il est sûr qu´après cette crise plus rien ne sera comme avant ! Semblable à toutes les crises, elle sera révélatrice de bien des choses ; elle mettra à nu des misères pitoyables et des grandeurs admirables ; le meilleur cotoira le pire. Cette crise appellera des changements en profondeur dans notre société. Notre rapport aux autres, à la nature, à la réalité économique et politique en sera transformé, l´humanité en sera changée ; chacun d´entre nous y opéra une conversion. Cette crise devient notre carême commun ! Or le carême n´a de sens qu´en vue de la victoire de Pâques : Le Christ a vaincu le désespoir du mal et de la mort. L´Espérance est permise, bien plus, elle doit nous distinguer de ceux qui l´ont perdue et qui attendent en cette heure, ô combien grave, le témoignage indispensable de notre foi.
 
Si l´heure n´est ni opportune ni vraiment mûre pour nous livrer à une réflexion plus pointue sur ce que nous sommes en train de vivre – la sagesse chrétienne nous y conduira en temps voulu et nous offrira alors de précieuses lumières – il importe tout d´abord, sous l´impulsion de l´Esprit-Saint, de ne reculer devant aucune initiative, où audace et prudence s´allient pour garantir et maintenir le lien vivant avec Dieu et entre nous tous.
 
Il me semble, en premier lieu, nécessaire de redire, certes avec douleur, qu´aucune célébration publique n´est possible jusqu´à nouvel ordre. Dans ce contexte, nous sommes invités à redécouvrir et à approfondir la valeur de la communion qui unit, au delà du contact sensible, tous les membres de l´Église. Uni au Christ, nous ne sommes jamais seuls, mais nous formons un seul corps dont il est la tête. C´est une union qui se nourrit dans la prière, mais aussi dans la communion spirituelle avec l´Eucharistie, une pratique très recommandée lorsqu´il n´est pas possible de recevoir le Sacrement. Il est, enfin, urgent d´entretenir un lien étroit entre nous tous et bien au-delà de notre communauté paroissiale avec tous ceux qui en ont besoin de notre secours quel qu'il soit. Personne ne doit sombrer, en ces jours difficiles dans la solitude, la peur et le découragement. Nous devons  veiller avec grand soin à entretenir les liens avec les membres de notre communauté, avec notre entourage immédiat et plus lointain par des appels téléphoniques, des communications par skype, en rendant des services à des personnes isolées.
 
Nos locaux paroissiaux resteront hélas fermés jusqu'à nouvel ordre, mais je reste à votre disposition en cas d´urgence au 089 50 03 840.
 
Chers paroissiens, chers amis de la paroisse, en ces temps difficiles, je vous assure de ma prière, de mon amitié, de notre communion mutuelle dans la foi au Christ vainqueur, que rien, ni même la mort, ne saurait détruire.
 
Que Dieu vous bénisse et vous protège.
Père Marc Grosstephan

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